SBF 120 : composition et différence avec le CAC 40
Le SBF 120 réunit les 120 plus grandes valeurs de la Bourse de Paris, CAC 40 inclus. Définition, composition, méthodologie et différences avec le CAC 40.
Le SBF 120 est l’indice qui regroupe les 120 plus grandes valeurs cotées à la Bourse de Paris — le CAC 40 y compris. Calculé par Euronext, l’opérateur qui gère la Bourse de Paris, il offre une photographie beaucoup plus large du marché actions français que les 40 poids lourds du CAC 40, régulièrement à la une des journaux télévisés.
Concrètement, c’est l’univers de référence pour qui veut regarder au-delà des grands noms les plus médiatisés. Voici comment cet indice est construit, en quoi il diffère du CAC 40, et pourquoi il constitue un terrain de jeu particulièrement intéressant pour l’investisseur particulier qui pratique l’analyse fondamentale.
D’où vient le nom « SBF 120 » ?
Le sigle SBF renvoie à la Société des Bourses Françaises, l’ancien opérateur de marché qui gérait la Bourse de Paris avant les fusions successives qui ont donné naissance à Euronext. L’indice, lui, a été lancé fin 1990, avec une valeur de base de 1 000 points au 31 décembre de cette année-là — c’est ce jour qui sert toujours de point de départ pour mesurer sa performance sur longue période.
Aujourd’hui, le SBF 120 est administré par Euronext Paris, sous la supervision indépendante d’un comité technique, le Conseil Scientifique des indices, chargé de faire respecter les règles de sélection à chaque révision. Ce n’est pas une action que l’on peut acheter directement : c’est un baromètre, une mesure conventionnelle de l’évolution d’un panier de 120 sociétés.
Comment est construit le SBF 120 : trois briques qui s’emboîtent
Le SBF 120 n’est pas composé au hasard : il résulte de l’empilement de plusieurs indices plus petits, chacun défini par Euronext selon un classement combinant deux critères — la capitalisation boursière flottante (la valeur des actions réellement disponibles à l’achat sur le marché, hors participations stables comme celles de l’État ou d’une famille fondatrice) et le volume d’échanges observé sur les douze mois précédents.
| Indice | Nombre de valeurs | Ce qu’il regroupe |
|---|---|---|
| CAC 40 | 40 | Les 40 valeurs les mieux classées sur ces deux critères |
| CAC Next 20 | 20 | Les 20 valeurs suivantes, pas encore assez grandes ou échangées pour intégrer le CAC 40 |
| CAC Large 60 | 60 | CAC 40 + CAC Next 20 réunis |
| CAC Mid 60 | 60 | Les 60 valeurs moyennes suivantes, non incluses dans le CAC Large 60 |
| SBF 120 | 120 | CAC Large 60 + CAC Mid 60 réunis |
Autrement dit, le SBF 120 est une poupée russe : il contient la totalité du CAC 40, auquel s’ajoutent le CAC Next 20 puis le CAC Mid 60. Aucune de ces 120 valeurs n’y figure par hasard ni par choix éditorial — chacune y est parce qu’elle s’est classée dans les 120 premières sur la base de règles publiques et identiques pour tous.
Une composition revue chaque trimestre
La liste des 120 valeurs n’est pas figée. Elle est révisée chaque trimestre, après la clôture du troisième vendredi de mars, juin, septembre et décembre, avec une revue annuelle plus approfondie en septembre. Une entreprise qui progresse suffisamment en capitalisation et en échanges peut ainsi entrer dans l’indice ; une autre qui recule peut en sortir, au profit d’une valeur mieux classée.
Le SBF 120 est pondéré par la capitalisation boursière flottante : plus une entreprise pèse lourd sur le marché, plus son poids dans l’indice est important. Pour éviter qu’une seule société ne domine excessivement le calcul, un plafond de pondération de 15 % s’applique à chaque valeur lors de la révision annuelle. À titre d’illustration, fin mars 2026, la première pondération de l’indice — TotalEnergies — représentait environ 8,6 % du SBF 120, loin de ce plafond.
SBF 120 face au CAC 40 : quelles différences concrètes ?
Le CAC 40 reste l’indice le plus regardé, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire du marché français.
| CAC 40 | SBF 120 | |
|---|---|---|
| Nombre de valeurs | 40 | 120 |
| Type d’entreprises | Uniquement les plus grandes capitalisations | Grandes capitalisations et moyennes capitalisations (mid caps) |
| Rôle habituel | Baromètre médiatique de la Bourse de Paris | Référence plus large pour mesurer ou construire un portefeuille diversifié |
| Diversification | Concentré sur un nombre restreint de géants | Les mêmes géants pèsent proportionnellement moins, dilués parmi 80 valeurs supplémentaires |
| Visibilité | Suivi par la quasi-totalité des analystes et médias | Moins commenté ; de nombreuses valeurs restent peu couvertes par la presse généraliste |
Le point le plus utile à retenir : les 40 valeurs du CAC 40 sont exactement les mêmes que les 40 premières du SBF 120. Ce dernier ne remplace rien, il élargit. Fin mars 2026, les dix premières pondérations du SBF 120 représentaient un peu plus de la moitié de l’indice (53,9 %, selon les données publiées par Euronext) — une concentration mécaniquement plus faible que celle du seul CAC 40, où ces mêmes poids lourds se répartissent un indice trois fois plus étroit.
Qui compose le SBF 120 aujourd’hui ?
À fin mars 2026, les dix plus fortes pondérations du SBF 120 étaient, selon les données publiées par Euronext : TotalEnergies, Schneider Electric, LVMH, Air Liquide, Sanofi, Airbus, Safran, BNP Paribas, L’Oréal et AXA — des noms déjà bien connus, puisqu’ils appartiennent aussi au CAC 40.
L’intérêt du SBF 120 est ailleurs : dans les 80 valeurs supplémentaires apportées par le CAC Next 20 et le CAC Mid 60. On y trouve des entreprises moins médiatisées mais solidement établies, actives dans l’industrie, la consommation, la santé, l’immobilier coté ou la technologie — souvent des acteurs de taille intermédiaire, parfois leaders sur un marché de niche, qui ne font tout simplement pas assez de bruit boursier pour intégrer le cercle très fermé du CAC 40.
Pourquoi cet indice intéresse l’investisseur particulier
Se limiter au CAC 40, c’est se priver des trois quarts du terrain de jeu : 80 valeurs sur 120 n’y figurent pas. Or beaucoup de moyennes capitalisations françaises publient des comptes solides et affichent des valorisations moins scrutées que celles des géants du CAC 40, justement parce qu’elles attirent moins l’attention.
C’est le raisonnement à la base d’un screener boursier : plutôt que de se limiter aux valeurs qu’on connaît déjà, passer l’ensemble d’un univers — ici, les 120 valeurs du SBF 120 — au crible de critères objectifs, pour repérer des dossiers qui mériteraient une analyse approfondie. Un outil qui ne couvrirait que le CAC 40 laisserait mécaniquement de côté deux tiers de la cote française.
Peut-on investir directement dans le SBF 120 ?
Non : un indice n’est pas un produit d’investissement, c’est une référence de calcul. Il existe des fonds indiciels cotés (ETF, pour Exchange Traded Fund) qui cherchent à le répliquer, mais l’offre reste nettement plus restreinte que sur le CAC 40, plus ancien, plus liquide et plus demandé par les épargnants. Dans les faits, la plupart des investisseurs particuliers qui s’intéressent au SBF 120 y accèdent valeur par valeur, en sélectionnant eux-mêmes les entreprises qui correspondent à leur stratégie d’investissement — Value, croissance à prix raisonnable, dividendes ou qualité — plutôt qu’en achetant l’indice dans son intégralité.
L’essentiel à retenir
- Le SBF 120 réunit exactement 120 valeurs : le CAC 40 (40), le CAC Next 20 (20) et le CAC Mid 60 (60), soit CAC Large 60 + CAC Mid 60.
- Il est calculé et révisé chaque trimestre par Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris, sous la supervision d’un comité indépendant.
- Le CAC 40 est entièrement inclus dans le SBF 120, qui y ajoute 80 valeurs moyennes et grandes supplémentaires.
- Le SBF 120 est mécaniquement plus diversifié que le CAC 40, mais inclut des valeurs souvent moins liquides et plus volatiles.
- On ne peut pas acheter l’indice en tant que tel : l’offre d’ETF qui le répliquent reste limitée, ce qui pousse la plupart des particuliers vers une sélection valeur par valeur.
Questions fréquentes
Le SBF 120 compte-t-il vraiment 120 valeurs ?
Oui, par construction : l’indice réunit l’intégralité du CAC Large 60 (les 40 valeurs du CAC 40 plus les 20 du CAC Next 20) et du CAC Mid 60, soit 60 + 60 = 120 valeurs. C’est Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris, qui définit et recalcule cette composition chaque trimestre.
Quelle est la différence entre le CAC 40 et le SBF 120 ?
Le CAC 40 est entièrement inclus dans le SBF 120 : ce dernier y ajoute 80 valeurs supplémentaires, des moyennes et grandes capitalisations qui ne comptent pas parmi les 40 plus importantes. Le SBF 120 donne une photographie plus large et plus diversifiée du marché actions français, là où le CAC 40 se concentre sur ses plus grandes entreprises.
Peut-on investir directement dans le SBF 120 ?
Non : un indice n’est pas un produit d’investissement en lui-même, c’est une référence de calcul. Il existe des fonds indiciels (ETF) qui cherchent à le répliquer, mais l’offre reste plus restreinte que sur le CAC 40, plus ancien et plus liquide. La plupart des investisseurs particuliers accèdent aux valeurs du SBF 120 directement, action par action.
Le SBF 120 est-il plus risqué que le CAC 40 ?
Ni plus, ni moins par nature : le risque dépend des valeurs sélectionnées, pas de l’indice pris dans son ensemble. Le SBF 120 est mécaniquement mieux diversifié, puisque ses plus grosses pondérations se partagent un indice trois fois plus large que le CAC 40. Mais il inclut aussi des moyennes capitalisations souvent moins liquides, dont le cours peut être plus volatil d’une séance à l’autre.
Alphr propose des outils d’analyse à titre informatif et ne fournit pas de conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.